Un état d'esprit élégant : apprendre à se sentir à l'aise dans l'inconfort
Toute femme qui aspire à une vie plus riche finira par se poser la même question : pour quoi es-tu prête à sortir de ta zone de confort ?
On a facilement tendance à vouloir le résultat. Confiance, la visibilité, la stabilité financière, de meilleures relations, un corps plus solide, une carrière respectée et une vie plus élégante : tout cela semble attrayant vu de loin. Ce qui retient moins l’attention, c’est le prix émotionnel lié à chacun de ces éléments. Pour gagner en visibilité, vous devez prendre le risque d’être jugé. Pour renforcer votre situation financière, vous devrez peut-être examiner en toute honnêteté les chiffres que vous avez évités jusqu’à présent. Pour être respecté, vous devrez peut-être vous exprimer de manière plus directe que ce qui vous vient naturellement. Pour quitter ce qui vous est familier, vous devez supporter la solitude temporaire liée au fait de ne plus avoir votre place là où vous vous sentiez à l’aise auparavant.
C'est là que beaucoup de gens abandonnent. Non pas parce que l'objectif est impossible à atteindre, mais parce que la difficulté se fait sentir plus tôt que prévu.
Ils pensaient que le changement leur donnerait un sentiment de puissance. Au lieu de cela, ils le trouvent gênant, intimidant et contraignant. Ils interprètent ce malaise comme un avertissement, alors qu’il s’agit souvent simplement de la preuve qu’ils ont atteint les limites de leur identité actuelle.
Une femme dotée d'un état d'esprit raffiné ne s'attend pas à ce que l'évolution soit une partie de plaisir. Elle comprend que l'inconfort fait partie du prix à payer pour devenir la personne capable de mener la vie qu'elle dit vouloir.
La zone de confort n'est pas toujours confortable
L'expression “ zone de confort ” peut prêter à confusion, car l'endroit où nous restons n'est pas toujours agréable. Une femme peut rester dans un emploi qui l'épuise, une relation qui la déçoit, une situation financière qui la met mal à l'aise ou un rôle social qui ne lui convient plus. Rien de tout cela n'est agréable. Pourtant, c'est un environnement familier, et ce qui est familier peut finir par sembler plus rassurant que ce qui serait mieux.
C'est pour cela que les gens défendent des situations qu'ils prétendent détester. Ils en connaissent les règles. Ils savent à quelle déception s'attendre. Ils savent comment s'en plaindre. Ils savent comment y survivre.
Le changement met fin à cette familiarité. Il exige de nouveaux comportements avant même qu’on ait la preuve qu’ils fonctionneront. Il vous demande de prendre le risque de vous sentir mal à l’aise avant même d’avoir acquis la confiance nécessaire. Il vous demande de renoncer à ce réconfort étrange que procure le fait de pouvoir expliquer votre mal-être sans rien faire pour y remédier.
La zone de confort n'est souvent pas un lieu de bonheur. C'est un lieu où tout est prévisible.
Et la prévisibilité peut créer une dépendance.
Une femme peut affirmer qu'elle souhaite une vie différente, mais choisir malgré tout l'ancien malaise plutôt que le nouveau. L'ancien malaise confirme son histoire actuelle. Le nouveau malaise menace de la bouleverser.
La peur est une information, pas une consigne
La peur n'est pas inutile. Elle permet parfois de signaler un danger, un manque de discernement ou une situation qui mérite qu'on y prenne garde. On ne devrait jamais dire à une femme d'ignorer son instinct simplement parce que le courage semble plus impressionnant.
Mais la peur n’est pas toujours synonyme de sagesse. Souvent, il s’agit d’un réflexe de protection face à l’inconnu. Elle peut surgir lorsque vous postulez à un poste supérieur à votre niveau actuel, que vous entrez dans une pièce où vous vous sentez moins à l’aise que les autres, que vous demandez une augmentation, que vous mettez fin à une relation ou que vous publiez un travail susceptible d’être jugé. Le corps peut réagir comme si quelque chose de dangereux était en train de se produire, même lorsque ce qui se passe réellement, c’est simplement une mise en avant.
C'est là que la prise de conscience joue un rôle essentiel. Il faut se demander de quel type de peur il s'agit.
Est-ce que cela vous avertit que la situation est réellement dangereuse, qu'elle relève de l'exploitation ou qu'elle n'est pas adaptée ? Ou bien s'agit-il simplement d'une réaction au fait que vous ne vous comportez plus selon les anciennes limites ?
La réponse détermine la réaction. Un danger réel exige une protection. La peur de l'évolution exige de passer à l'action.
Beaucoup de femmes perdent des années parce qu’elles considèrent toute forme de peur comme une raison d’attendre. Elles attendent de se sentir plus sereines, plus sûres d’elles, plus compétentes, plus séduisantes, plus à l’aise à l’oral ou plus impressionnantes. Mais la peur ne disparaît pas en attendant. Elle s’amplifie souvent, car le fait de fuir la situation fait croire à l’esprit que celle-ci devait être dangereuse, après tout.
On ne surmonte pas la peur en s'y soumettant. On la surmonte en prouvant, par l'action, qu'elle n'a pas le dernier mot.
L'inconfort est le prix à payer pour un niveau de vie plus élevé
« Élever ses exigences », ça sonne bien, jusqu'à ce que cela implique de faire des choix différents.
Il est agréable de se dire que l’on mérite mieux. Il est plus difficile de cesser d’accepter ce qui va à l’encontre de cette conviction. Pour viser plus haut, il faudra peut-être dire « non » à des personnes que l’on cherchait autrefois à satisfaire, quitter des milieux où l’on est toléré mais pas respecté, changer des habitudes qui procurent un réconfort immédiat ou admettre que l’on a dépassé une identité qui, autrefois, nous protégeait.
C'est pourquoi beaucoup de gens préfèrent le discours sur les normes à leur mise en œuvre. Le discours est flatteur. La mise en œuvre est coûteuse.
Si vous souhaitez améliorer votre travail, vous devrez peut-être vous montrer plus présent, mieux vous préparer et accepter plus volontiers d’être évalué. Si vous souhaitez améliorer vos relations, vous devrez peut-être cesser de négocier de manière incohérente. Si vous souhaitez améliorer votre santé, vous devrez peut-être privilégier la structure plutôt que vos sautes d’humeur. Si vous souhaitez bénéficier d’une plus grande sécurité financière, vous devrez peut-être renoncer au soulagement à court terme que procure l’évitement.
Une norme, ce n'est pas ce que l'on proclame. C'est ce que l'on est prêt à faire respecter même lorsque cela pose des difficultés.
C'est face à ce désagrément que se joue le véritable choix. N'importe qui peut, en théorie, préférer une vie meilleure. La question est de savoir si vous serez prêt à supporter l'inconfort nécessaire pour cesser de participer à l'ancienne.
Ne laissez pas votre humeur diriger votre vie
Le malaise devient dangereux lorsque chaque sentiment difficile est considéré comme une raison d'abandonner.
Vous manquez de confiance en vous, alors vous repoussez le moment de postuler. Vous ne vous sentez pas prêt(e) sur le plan émotionnel, alors vous évitez la discussion. Vous manquez de motivation, alors vous abandonnez votre routine. Vous vous sentez coupable, alors vous renoncez à vos limites. Vous vous sentez gêné(e), alors vous revoyez vos ambitions à la baisse.
Cela confère une trop grande importance à une émotion passagère.
Les sentiments ont leur importance, mais ils ne font pas toujours de bons guides. Une humeur peut être marquée par la fatigue, la peur, la défensive, la nostalgie ou la honte. Elle peut exagérer les risques, idéaliser le passé et sous-estimer vos capacités. Si chaque décision est prise en fonction du sentiment du moment, votre vie ne cessera de changer de cap au gré de vos dernières sautes d’humeur.
La maîtrise de soi, c'est être à l'écoute de ses sentiments sans pour autant leur céder systématiquement.
Vous pouvez avoir peur et quand même faire passer le message. Vous pouvez vous sentir coupable et quand même faire respecter vos limites. Vous pouvez vous sentir hésitant(e) et quand même recueillir les informations nécessaires. Vous pouvez vous sentir mal à l'aise et quand même entrer dans la pièce.
Il ne s'agit pas d'une répression des émotions, mais bien de maturité émotionnelle. On laisse le sentiment s'exprimer, mais on ne lui permet pas de dicter à lui seul la décision.
Au début, on aura souvent l'impression de perdre la face
L'une des raisons pour lesquelles les femmes évitent de se développer, c'est que la phase initiale peut paraître peu élégante.
C'est déconcertant d'être débutante, surtout quand on a l'habitude d'être compétente. C'est déconcertant de poser des questions élémentaires, de commettre des erreurs évidentes, de recevoir des remarques ou de paraître moins accomplie que la femme que l'on aspire à devenir. L'écart entre l'image que l'on a de soi et ses capacités actuelles peut être humiliant.
Mais refuser d'être un débutant, c'est la garantie de rester inexpérimenté.
Toute femme qui a réussi a traversé des étapes qui ne correspondaient pas à l'image finale qu'elle renvoie aujourd'hui. Elle a envoyé des e-mails imparfaits, est entrée dans des pièces où elle se sentait déplacée, a commis des erreurs de jugement, s'est habillée de manière inadaptée à l'occasion, a parlé trop peu ou trop, s'est trompée sur les gens, s'est trop préparée ou pas assez, et a appris après coup ce qu'elle ne pouvait pas savoir auparavant.
Il n'y a pas de raccourci possible. On ne peut pas acquérir la sophistication par la seule réflexion. Il faut l'acquérir au contact de la réalité.
Le fait d'en être aux débuts ne signifie pas que vous n'avez pas votre place. C'est justement à ce stade que se construit ce sentiment d'appartenance.
Optez pour un inconfort productif, plutôt que pour une souffrance inutile
S'habituer à l'inconfort ne signifie pas tout tolérer.
Cette distinction est importante. Certains malaises sont constructifs, car ils permettent de repousser ses limites. Ils vont de pair avec l'apprentissage, l'honnêteté, le courage et le changement. D'autres malaises sont simplement le signe que quelque chose est néfaste, dégradant ou insoutenable.
Il n’y a rien d’élégant à endurer de mauvais traitements au nom de la résilience. Il n’y a rien de fort à confondre le stress chronique avec l’ambition, ni à accepter le manque de respect sous prétexte que l’on croit que la croissance doit forcément faire mal. Une femme incapable de faire la distinction entre un malaise constructif et des situations néfastes finira soit par éviter la croissance nécessaire, soit par tolérer des souffrances inutiles.
L'inconfort constructif a généralement un but. Il est lié à une valeur, à un objectif ou à un changement significatif. Il peut être désagréable, mais il ne vous oblige pas à renoncer à votre dignité.
La souffrance inutile, c'est autre chose. Elle vous oblige à vous effacer, à faire abstraction de votre jugement, à tolérer des manquements répétés au respect ou à sacrifier votre santé pour un résultat qui ne vous revient peut-être même pas.
La question n’est pas simplement : “ Est-ce que cela me met mal à l’aise ? ” La meilleure question est : “ Que m’invite ce malaise à devenir ? ”
Si la réponse est « plus fort », « plus honnête », « plus compétent » ou « ayant davantage d'estime de soi », continuez. Si la réponse est « plus faible », « plus anxieux », « plus dépendant » ou « plus détaché de vous-même », soyez attentif.
Cessez de négocier dès le premier sentiment de difficulté
La plupart des gens n'abandonnent pas lorsqu'ils atteignent la limite réelle de leurs capacités. Ils abandonnent dès la première vague d'inconfort qui les convainc de renoncer.
Le premier sentiment de difficulté surgit et commence aussitôt à vous faire douter. Ce n'est peut-être pas le bon moment. Vous devriez peut-être attendre d'y voir plus clair. Cet objectif était peut-être irréaliste. Peut-être que vous n'en avez pas vraiment envie. Peut-être que quelqu'un d'autre s'en sortirait mieux.
Parfois, ces pensées contiennent des informations utiles. Souvent, elles ne sont qu’une tentative de l’esprit de revenir à un terrain familier.
C’est pourquoi il ne faut pas se fier trop vite à cette première vague de résistance. Ne lui obéissez pas tout de suite. Observez-la. Laissez-la s’exprimer. Puis demandez-vous quelle action reste encore possible.
Peut-être ne pourrez-vous pas mener cette tâche à bien dans son intégralité, mais vous pouvez vous y atteler. Peut-être ne pourrez-vous pas résoudre le problème dans son ensemble, mais vous pouvez envoyer un message. Peut-être ne vous sentez-vous pas en confiance, mais vous pouvez adopter un comportement que votre futur « moi » en confiance saura reconnaître.
L'important n'est pas de se laisser submerger par l'agressivité, mais de cesser de considérer le malaise comme une situation d'urgence.
Beaucoup de choses semblent insupportables au premier abord, mais deviennent gérables dès lors qu’on prend le temps de s’y atteler. La femme qui apprend cela devient plus difficile à déstabiliser, car elle ne cède plus à la panique face aux difficultés.
La récompense ne réside pas uniquement dans le résultat
La récompense évidente de cet inconfort, c'est le résultat : un nouveau rôle, un corps plus fort, une meilleure relation, un projet mené à bien, une situation financière améliorée ou une vie plus épanouie.
Mais il existe une autre récompense qui pourrait bien être plus importante.
Tu deviens une femme qui sait qu’elle est capable de relever des défis difficiles sans céder à la tentation de l’évitement. Tu deviens moins dépendante de conditions idéales. Tu deviens plus difficile à manipuler par la culpabilité, la peur ou l’incertitude. Tu n’as plus besoin que chaque étape te rassure avant de la franchir.
Cela change la relation que vous entretenez avec vous-même.
Une femme qui n’hésite pas à se lancer malgré ses appréhensions commence à croire en sa propre force. Elle n’a plus besoin de feindre la confiance, car elle en a la preuve. Elle se souvient de cet appel qu’elle a passé malgré son anxiété, de cette limite qu’elle a su respecter malgré sa culpabilité, de cette candidature qu’elle a envoyée alors qu’elle doutait d’elle-même, et de cette pièce dans laquelle elle est entrée avant de se sentir prête.
Ces preuves s'accumulent. Elles se transforment en estime de soi.
La vie dont vous rêvez vous demandera de faire des efforts
Une vie plus riche ne viendra pas simplement parce que vous la désirez. Elle exigera quelque chose de votre part.
Cela exigera des efforts alors que vous recherchiez la facilité, de l'honnêteté alors que vous préfériez l'imaginaire, et du courage alors que vous espériez que la confiance vienne d'abord. Cela vous demandera peut-être de décevoir certaines personnes, de vous défaire d'anciennes identités, d'adopter de nouvelles habitudes et de vous exposer au regard des autres avant de vous sentir tout à fait prêt.
Ce n'est pas une punition. C'est le prix à payer pour l'expansion.
La question est de savoir si vous êtes prêt à cesser de considérer le malaise comme la preuve que quelque chose ne va pas. Parfois, le malaise signifie que vous faites une erreur. Mais souvent, cela signifie que vous êtes enfin en train de dépasser cette version de vous-même qui savait survivre, mais pas encore grandir.
Une femme élégante ne recherche pas la difficulté pour la difficulté. Elle ne glorifie pas la souffrance et ne confond pas l'épuisement avec la réussite. Mais lorsque l'inconfort s'interpose entre elle et la vie qu'elle a choisie, elle ne s'y plie pas.
Elle s'en rend compte, se ressaisit et continue malgré tout.

